Le président libanais Joseph Aoun a exprimé l'espoir que le cinquième round de négociations de la semaine prochaine sera plus positif, notamment compte tenu du grand intérêt de l'administration américaine pour le Liban. (Photo AFP)
BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré mercredi que les négociations de son pays avec Israël à Washington étaient indépendantes de l'accord américano-iranien visant à mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
Le Liban et Israël tiennent des pourparlers directs à Washington depuis avril, cherchant à mettre fin aux hostilités entre Israël et le Hezbollah et à dissocier leur conflit de la guerre régionale plus large.
Cependant, l'annonce lundi de l'accord américano-iranien, que l'Iran et le médiateur pakistanais affirment inclure le Liban, a rebattu les cartes.
« Les assurances que nous avons reçues, et sur lesquelles nous insistons, c'est que la voie du Liban dans les négociations est indépendante, même si nous sommes bien entendu favorables à un cessez-le-feu et à tout pays qui nous aide, y compris l'Iran », a déclaré Aoun, selon un communiqué de son bureau.
« Cependant, l'ingérence dans les affaires libanaises n'est pas permise », a-t-il ajouté.
Le président a exprimé l'espoir que le cinquième round de négociations de la semaine prochaine « sera plus positif, notamment compte tenu du grand intérêt de l'administration américaine pour le Liban ».
« L'État libanais est souverain dans sa prise de décision, et pour la première fois, c'est lui qui mène les négociations, et personne ne négocie à notre place », a-t-il déclaré.
« Je rassure les Libanais que personne ne nous lie à aucun autre pays, et tout règlement se fera par nous, et non à nos dépens », a-t-il ajouté.
Le Hezbollah a remercié lundi son soutien Téhéran d'avoir insisté pour que le Liban soit inclus dans l'accord avec Washington, malgré les efforts de Beyrouth à travers les pourparlers pour parvenir à un cessez-le-feu et à un retrait complet des forces israéliennes.
Le Hezbollah rejette les négociations directes des autorités avec Israël ainsi que la décision du gouvernement libanais de le désarmer.
Le groupe militant a entraîné le Liban dans la guerre au Moyen-Orient le 2 mars en tirant des roquettes sur Israël pour venger l'assassinat du guide suprême iranien lors de frappes américano-israéliennes quelques jours plus tôt.
Israël a répondu par une vaste campagne de frappes aériennes et une invasion terrestre qui, selon les autorités libanaises, a tué plus de 3 800 personnes.
Si la violence a diminué au Liban après l'annonce de l'accord américano-iranien, les frappes israéliennes sur le sud ont tué au moins cinq personnes depuis lors, selon les médias officiels, qui ont également fait état de raids israéliens sur plusieurs zones du sud du Liban mercredi.

