LOS ANGELES, 13 juin — Le département américain de la Justice a autorisé vendredi le rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance pour 111 milliards de dollars (450,42 milliards de RM), offrant une victoire majeure à un empire médiatique financé par l'un des alliés milliardaires les plus proches du président Donald Trump.
La Division antitrust a approuvé cet accord retentissant sans exiger la moindre modification, concluant un examen de huit mois et ouvrant la voie à l'une des plus grandes fusions médiatiques de ces dernières années.
Elle a déclaré que le rapprochement n'était « pas susceptible de nuire à la concurrence ou aux consommateurs américains » — et pourrait même renforcer la concurrence.
Cette approbation est un coup de maître pour le directeur général de Paramount, David Ellison, dont le père, Larry Ellison, co-fondateur d'Oracle, a largement financé le rachat.
L'aîné des Ellison, l'un des hommes les plus riches du monde, est un proche allié de Trump.
Un groupe de sénateurs démocrates mené par Elizabeth Warren avait averti qu'un accord Warner Bros. risquait d'être « entaché de favoritisme politique et de corruption », exhortant le département de la Justice à l'examiner sur la base de la loi et des faits.
C'est la garantie financière de Larry Ellison qui a finalement convaincu le conseil d'administration de Warner Bros., scellant la victoire de Paramount dans une âpre guerre des enchères face à Netflix.
La société fusionnée contrôlera un vaste portefeuille d'actifs, comprenant CNN, Warner Bros. Pictures et le service de streaming HBO Max.
Mais l'aval fédéral ne met pas fin aux risques juridiques de l'accord.
Une coalition d'une dizaine d'États menée par la Californie prépare une action antitrust qui pourrait être déposée ce mois-ci, selon Bloomberg.
Le bureau du procureur général de Californie, Rob Bonta, a indiqué cette semaine que l'acquisition « fait toujours l'objet d'une enquête active ». La Commission européenne examine également la fusion.
Hollywood est mal à l'aise face à cet accord.
Des centaines d'acteurs et de réalisateurs ont signé une lettre s'opposant à la fusion, avertissant qu'elle étranglera la production dans une industrie déjà éprouvée par des années de consolidation et de réductions de coûts.
Le département de la Justice a directement réfuté ces craintes, faisant valoir que les preuves ne démontraient pas que la fusion réduirait la production.
Cette saga a débuté l'année dernière, lorsque le géant du streaming Netflix et Paramount se sont livrés bataille pour Warner Bros. et son précieux catalogue.
Un Tinseltown méfiant s'est à contrecœur rangé derrière Netflix comme étant le moindre mal, pour finalement voir Paramount continuer à surenchérir jusqu'au retrait du service de streaming. — AFP


